Mais pourquoi la guerre ?

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Mais pourquoi la guerre ?

Mon cœur est triste, mon corps révolté : je viens de voir un film retraçant une histoire réelle, vécue par une femme lors de la dernière guerre mondiale. Il montre bien la violence particulière qui sévissait durant cette période. Chaque camp, quelle que soit sa nationalité, justifiait pleinement sa brutalité pour arriver à ses fins. Et si tout le monde a raison de faire la guerre, pourrait-elle s’arrêter un jour ? Et en a-t-on vraiment envie ?

Pourrons-nous un jour vivre sur une planète sans violence ?

 

Pour les personnes qui ont cette drôle d’idée en tête, voici quelques pistes possibles.

Depuis que je prends le temps d’observer ce qu’il se passe dans mes pensées et comment mes émotions s’expriment, je constate que la menace d’un conflit est présente en moi, en permanence. Même avec des allures de gentillesse, parfois mon  sourire présage une morsure si je n’obtiens pas ce que je désire. Ma main caressante à un moment peut devenir  - si je me sens agressé - la main qui frappe l’instant suivant. Le mot doux et léger que je prononce à une personne aimée se transforme quelques fois en locution accusatrice, agressive, dévalorisante si une émotion forte passe dans les parages.

Nous savons passer de l’amour à la haine, du sourire à la grimace, du calme à la tempête parfois en seulement une fraction de seconde.

 

Mais que peut-il bien se passer en nous pour que nous changions aussi souvent et facilement d’humeur et de comportement ?

Arnaud Desjardins disait, en fin de parcours, qu’il n’avait désormais plus peur d’avoir peur. Cette phrase m’a marqué car je la trouve on ne peut plus juste. Chaque fois qu’une pensée, une émotion perturbatrice ou un acte négatif  (c’est-à-dire pouvant porter préjudice à un être vivant) m’a traversé, j’y ai vu une peur à sa source.

Peur de manquer de liberté, de temps, d’argent,

Peur de manquer de crédibilité, de courage, de force, de volonté,

Peur de manquer d’amour, de reconnaissance, de soutien,

Peur de ne pas avoir assez de joie, de calme, d’attention, de partage,

Peur de ne pas oser, peur qu’un rêve ne se réalise pas,

Ou tout simplement peur de ne pas obtenir (ou de perdre) une chose à laquelle je suis attaché.

Et la pire : la peur d’avoir peur.

Alors je peux aussi dire que c’est la faute de l’autre, qu’il ne me donne pas ce que j’attends, qu’il ne tient pas ses promesses, qu’il est méchant ou menteur, qu’il m’a poussé à bout et que je dois me protéger. Oui, bien sur, ça tient la route. Il peut s’avérer salvateur de griffer la main qui vous opprime.

Mais je vois une nette différence entre se positionner dans une relation et déclarer la guerre à quelqu’un.

Se positionner c’est prendre sa juste place, c’est savoir dire STOP - sans agressivité superflue :

- c’est dire à l’autre quel est mon besoin du moment et lui accorder le droit de ne pas me le satisfaire,

- c’est garder ma liberté d’expression et d’action sans entraver celles des autres,

- c’est dire oui et en assumer les conséquences,

- c’est rester, mais en accord avec l’autre, c’est partir en disant pourquoi, etc.

Déclarer la guerre, ce serait plutôt exiger (même avec force sourires et mots gentils) :

- c’est punir l’autre de ne pas avoir obtenu satisfaction de sa part,

- c’est menacer, faire “chanter“, faire “la gueule“,

- c’est exercer une pression psychologique, affective ou physique,

- c’est prendre à quelqu’un ce qu’il ne veut pas donner de son plein gré,

- c’est ne pas respecter la peur de l’autre,

En fait c’est - dans une relation - utiliser des stratégies pour obtenir quelque chose de quelqu’un, à son insu ou sans son consentement et sans prendre en compte ses besoins.

On peut voir dans notre expérience de tous les jours qu’il est beaucoup plus facile et rapide d’obtenir ce dont on a peur de manquer en le prenant par des méthodes violentes. Le pire c’est que ça marche ! Et on fait comme s’il n’y aurait aucune conséquence. C’est systématique : si je force quelqu’un à me donner quelque chose qu’il n’a pas vraiment envie de m’offrir, il me le fera payer un jour, d’une manière ou d’une autre.

LA PEUR N’EST PAS UN OBSTACLE, C’EST UNE PORTE.

Chaque fois qu’elle se présente c’est qu’une part de notre être demande à se transformer. Bien entendu j’extrais de ces peurs celles qui permettent de préserver la vie physique. La peur est  comme une ambulance qui déboule à toute vitesse, son gyrophare et la sirène qui l’accompagne sont son émotion. Dans cette ambulance se trouve la part de nous qui souffre d’un manque. Dès que nous ressentons une émotion qui nous perturbe, c’est le meilleur moment pour l’écouter attentivement afin d’avoir la possibilité de découvrir quelle est la peur, le besoin non satisfait, le manque qui se cachent là-dessous. Ce n’est pas facile car l’émotion est une énergie qui absorbe l’attention, qui dilue bien souvent la clarté d’esprit et fausse le discernement. De plus, les émotions qui apportent une sensation désagréable génèrent une tension interne proportionnelle à la peur sous-jacente – et il peut y avoir plusieurs peurs qui s’expriment en même temps ! Un système naturel nous habite, celui de rester le moins de temps possible sous tension car cela utilise beaucoup de nos ressources énergétiques. Nous usons donc sur le moment – très souvent de manière inconsciente - de la stratégie qui nous semble la plus rapide et la plus efficace pour que cette tension baisse, se calme, voire disparaisse. Et cette stratégie (cette manière de faire) va dépendre d’une myriade de facteurs comme l’éducation, la religion, le lieu de vie, les expériences vécues, l’état de santé physique et psychologique, la qualité de relation avec cette personne en particulier (ce que j’attends d’elle), etc.

 

Je vous propose un petit exercice pratique : essayez de vous remémorer la dernière fois que vous avez vécu un moment moins qu’agréable. Replongez-vous dans le contexte jusqu’à ce que vous ressentiez dans votre corps pratiquement la même chose que lorsque cet événement est survenu. Essayez alors de rester un peu plus longtemps que la première fois dans ce ressenti désagréable, et sans analyser quoi que ce soit, observez plus finement ce qu’il se passe dans votre corps, dans votre émotion, dans votre tête. Notez simplement les indices qui apparaissent, ils vont constituer votre nouvelle banque de données. C’est à partir de celle-ci que des changements profonds vont s’opérer tous seuls, car vous allez prendre conscience peu à peu de vos circuits comportementaux délétères. Ces indications sont très simples formulées ainsi, mais il peut s’avérer difficile de continuer à rester en relation avec la personne qui appuie fortement sur le bouton rouge de notre manque !

Mais avec force courage et volonté, peu à peu les armes vont se déposer en vous, il n’y aura plus (ou moins) la nécessité de combattre pour obtenir une chose qui vous manque, vous n’aurez plus besoin de reprocher à l’autre de ne pas vous donner ce que vous attendez tellement. Vous êtes déjà en train de vous le donner : de l’Amour, de l’écoute, du soutien, de la bienveillance.

Peu à peu la nécessité de faire la guerre aux autres s’estompe car vous faites la paix avec vous-même par la compréhension de QUI VOUS ETES REELLEMENT :

Christian

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2 réponses

  1. Marie-José Nougaret dit :

    Merci Christian pour ce que tu viens de partager. Il est vrai qu’au départ dans notre quête nous réagissons tel que tu le décris. Au fur et à mesure de nos avancées, fort heureusement, nous arrivons à mettre en place certaines choses afin de ne plus souffrir. Qui, mieux que nous peut nous donner tout ce que nous désirons ? C’est cela qui est difficile à faire car nous ne le savons pas ! Mais oui, c’est nous seul qui pouvons nous apporter cet amour, cet amour que nous attendons si souvent des autres. Là est l’erreur !
    Tu parles de la guerre et tu en parles très bien, toutes tes remarques sont justes. Osons espérer qu’un jour prochain l’Homme laissera parler son cœur. Tu sais, tout comme moi que seul l’AMOUR peut nous sauver !
    Certes, il y a encore beaucoup de travail lorsque nous voyons tout ce qui se passe de par le monde. Je garde l’espoir au fond de moi que ce jour viendra.
    Marie-José

    • Hello Marie-José, je te remercie pour ton partage.
      Je suis complètement en accord quand tu dis que seul l’Amour peut nous sauver, et je trouve qu’il est bien difficile parfois de le ressentir quand notre cœur a mal !
      Je voudrais cependant clarifier avec toi certains passages de ton texte.
      Je me suis rendu compte que de chercher à ne plus souffrir renforçait, bien au contraire, cette sensation désagréable. Il y a là, quelque part, à faire le deuil d’un résultat à obtenir, d’un mieux-être à espérer. Je sais que c’est difficile car nous sommes programmés à attendre du futur, mais dans ce cas nous ne sommes plus dans le présent. L’astuce est d’exécuter un acte (par exemple un stage en développement personnel, une thérapie, aider quelqu’un, ect.) sans s’appesantir sur la pensée quasi-automatique qui suit cet acte. C’est-à-dire qu’il est nécessaire de se focaliser complètement sur ses propres sensations, perceptions et pensées quand on agit, et constater simplement (sans rien ajouter) qu’une part de nous voudrait un résultat bien particulier. En fait il est très intéressant de comprendre POURQUOI on agit, quel est le véritable besoin qui motive mon acte ? Ne serait-il pas motivé par une peur quelconque ? Laquelle ? Qui est-ce que je cherche à soutenir en réalité ?
      Ensuite, je partage ton point de vue quand tu dis que nous seuls pouvons nous donner de l’amour. Mais à mon sens cela manque un peu de précision. Qui est ce NOUS qui donne de l’Amour (d’où vient-il ?), et à QUI le donne t-il (en nous) ?
      Quitte à choquer certaines personnes, je n’ai absolument aucun espoir sur le devenir radieux de l’humanité. J’essaye simplement de faire ce que j’aime chaque jour, sans penser à demain. Je me suis rendu compte que chaque fois que je portais un espoir, je portais en même temps une grande tension liée à la possibilité que ce à quoi j’espérais pourrais ne pas aboutir. Et, du coup, ce que je faisais « avec de l’espoir » était quelque part « souillé » par de la peur. Depuis que je fais les choses en ne m’occupant que très peu du résultat, je me suis aperçu que le simple fait de faire la chose en Présence était déjà LA récompense : le bien-être tant attendu !
      Au plaisir de partager avec toi.
      Bien cordialement

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